
Nfaly Sylla rejoint le Master 2 Machine Learning for Data Science (MLSD) de l’Université Paris Cité avec la bourse d’excellence SMARTS-UP. Ingénieur d’État formé à l’ENSA de Tanger, le Guinéen souhaite approfondir la compression des modèles d’intelligence artificielle pour réduire les ressources nécessaires à leur fonctionnement.
Il est également lauréat de la Bourse de la Banque Islamique de Développement (IsDB).
Né et élevé à Wanindara, dans la banlieue de Conakry, Nfaly s’intéresse tôt aux livres de mathématiques et aux appareils électroniques. Il apprend seul, aborde des notions qui dépassent le programme de sa classe et prend l’habitude de chercher par lui-même les explications dont il a besoin.
Classé dixième de Conakry au BEPC, il réussit ensuite le concours d’entrée en onzième année du Lycée d’excellence Professeur Alpha Condé, à la première place en série Mathématiques.
En douzième année, il anime déjà des séances de révision pour des élèves de terminale. Il se forme aussi à l’informatique sur OpenClassrooms, poursuivant en ligne cet apprentissage personnel.
Son objectif est alors précis : obtenir une bourse d’État pour continuer ses études à l’étranger. 13e de la République au baccalauréat en sciences mathématiques, il décroche le financement qui lui permet de partir au Maroc.
Un premier semestre manqué, puis cinq années à Tanger
Son arrivée à l’École nationale des sciences appliquées de Tanger se déroule dans les circonstances particulières de la crise sanitaire. Retardé par la pandémie de Covid-19, Nfaly manque le premier semestre.
L’école met en place un programme spécial qui lui permet de rattraper les enseignements. Il valide sa première année préparatoire en moins d’un an et figure parmi les six premiers de sa promotion.
Au terme des cinq années de formation, sa moyenne cumulée atteint 16/20. Il obtient son diplôme d’ingénieur d’État en génie informatique, parcours Systèmes d’information, avec la mention Très bien.
La vie associative occupe également une place importante dans ses années marocaines. D’abord membre actif du club international de l’ENSA Tanger, il en devient président. Il participe à des compétitions où les connaissances acquises doivent aboutir à un projet défendable devant un jury.
Nfaly Sylla et la passion de l’IA
En 2024, son équipe remporte une première place dans une édition locale du NASA Space Apps Challenge avec une plateforme pédagogique exploitant des données spatiales. L’année suivante, il conduit Explore Morocco, un projet de découverte touristique assistée par l’IA, distingué lors de l’AI Meeting Day à Tanger.
Son projet de fin d’études, réalisé chez JADEV-CORP, porte sur la conception d’une plateforme de revue de code par intelligence artificielle. L’outil doit examiner le travail des développeurs à partir des spécifications fonctionnelles, qui décrivent ce que le logiciel est censé accomplir.
L’enjeu consiste notamment à vérifier que le code répond effectivement aux besoins de l’utilisateur, au-delà des contrôles portant sur sa qualité technique. Ce projet mobilise sa formation en systèmes d’information et son intérêt pour les applications de l’apprentissage automatique.
À Paris, approfondir la compression des modèles
Le master MLSD lui permet de poursuivre sa spécialisation en apprentissage automatique. La deuxième année comprend notamment des enseignements d’apprentissage profond et de traitement automatique du langage, avec une place consacrée aux projets et à la recherche.
Nfaly souhaite orienter ses travaux vers une IA frugale, moins exigeante en puissance de calcul et plus accessible lorsque les moyens matériels sont limités. Il s’intéresse à l’élagage, ou pruning, qui consiste à retirer certains paramètres ou composants d’un réseau pour l’alléger.
La distillation de connaissances constitue une autre piste : elle permet d’entraîner un modèle plus compact à reproduire le comportement d’un modèle plus volumineux. Ces approches cherchent à réduire la taille des systèmes tout en préservant autant que possible leurs performances.


