
Pour Roger Hounwanou, poursuivre un master en Interprétation de conférence dépendait d’une condition très concrète : obtenir une bourse. Le financement de l’Union africaine lui permet aujourd’hui de suivre cette formation au Cameroun. Il y arrive avec deux licences préparées en parallèle, l’une en linguistique anglaise, l’autre en didactique de la langue anglaise.
Bachelier avec mention, Roger obtient une bourse de l’État béninois pour étudier l’anglais au Centre universitaire d’Adjarra. Dès sa première année, il se présente également au concours d’entrée de l’École normale supérieure de Porto-Novo et y est admis, là encore, à titre boursier.
Il poursuit les deux cursus. À Adjarra, sa formation porte sur l’étude de la langue ; à Porto-Novo, il apprend à l’enseigner. Ce choix lui impose de répondre aux exigences de deux établissements, jusqu’aux travaux de fin d’études.
En 2024, il soutient sa licence académique en linguistique anglaise. Il achève ensuite sa licence professionnelle en Didactique de la langue anglaise et obtient le Brevet d’aptitude au professorat de l’enseignement secondaire, le BAPES, avec la mention Très bien.
Roger Hounwanou et Pascal
Roger a commencé sa scolarité primaire à Lagos, au Nigeria, avant de rejoindre le Bénin. Il poursuit ses études dans un village lacustre des Aguégués, dans le département de l’Ouémé. De cette période, il garde le souvenir de son père remarquant sa belle écriture et de son admission directe en CM1.
Il termine premier pendant les deux dernières années du primaire. Au collège, il figure régulièrement parmi les trois premiers de sa classe. Parmi ses concurrents, un camarade, Pascal Gbénou, lui laisse un souvenir particulièrement vif.
À la prérentrée qui suit le BEPC, Pascal annonce son orientation vers une série scientifique. Roger poursuivra en série littéraire. « Roger, je te laisse le premier rang du second cycle », lui lance son camarade.
Roger prend la phrase comme un encouragement à se montrer à la hauteur. De la seconde A à la terminale A, il reste premier de sa classe.
Il retient surtout de ces années l’importance de préparer la réussite en amont, une disposition que l’on retrouve dans sa décision de passer le concours de l’ENS dès sa première année universitaire.
À Buea, apprendre les exigences de l’interprétation
Sa bourse de l’Union africaine finance désormais le master en interprétation de conférence de PAUGHSS, l’Institut de gouvernance, de sciences humaines et sociales de l’Université panafricaine.
La formation est dispensée à l’Advanced School of Translators and Interpreters de l’Université de Buea, au Cameroun.
Pendant deux ans, le cursus prépare à l’interprétation consécutive et simultanée. Dans la première, l’interprète restitue les propos après une intervention, en s’appuyant notamment sur ses notes ; dans la seconde, il travaille pendant que l’orateur parle. Les enseignements comprennent aussi la pratique professionnelle et l’étude des organisations internationales.
Roger aborde cet apprentissage avec les acquis de ses deux licences. La linguistique lui a donné des outils pour analyser la langue, tandis que la didactique l’a formé aux questions de compréhension et de transmission. Il doit maintenant développer la précision et la rapidité propres à la restitution orale d’un discours.
Lorsqu’il obtient cette bourse, Roger a déjà deux années de candidatures derrière lui. Il a découvert le dispositif grâce à LeBoursier, dont les contenus l’ont également accompagné dans la préparation de son dossier.
Au moment de proposer son portrait, il tient à rappeler cette contribution : « Je dois un pan de ma réussite à la chaîne LeBoursier. »


