Après un baccalauréat scientifique série C, Tinny Prisca Aza entre à l’Université d’Abomey-Calavi et choisit la Dynamique des Populations et Planification Régionale. Elle y obtient sa licence avec mention Bien.
De la démographie aux réalités humaines
La démographie possède une rigueur mathématique. Elle compte les naissances, les décès, les migrations, calcule des proportions et suit les évolutions d’une population dans le temps.
Mais chaque ligne d’un tableau statistique renvoie aussi à une existence. Cette dimension humaine apparaît progressivement dans le parcours de Tinny Prisca Aza.
Si sa formation à l’Université d’Abomey-Calavi lui donne les instruments de l’analyse démographique et sociale, ses premières expériences professionnelles la rapprochent, elles, des personnes derrière les données.
À l’Association Béninoise pour la Promotion de la Famille, elle travaille notamment sur des questions liées à la santé sexuelle et reproductive.
Le changement d’échelle est important.
Les indicateurs démographiques étudiés à l’université prennent désormais les visages de femmes et d’hommes confrontés aux questions de santé, d’accès à l’information, de prévention ou de droits reproductifs.
Peu à peu, son centre d’intérêt se précise : Tinny Prisca Aza ne veut plus seulement savoir combien. Elle veut comprendre pourquoi. C’est là que la sociologie entre véritablement dans son parcours.
Sciences Po, changer de discipline pour élargir le regard
Quelques années après ses premiers cours à Abomey-Calavi, Tinny franchit les portes de l’École de la Recherche de Sciences Po, à Paris.
Elle y intègre le Master en Sociologie, grâce au Mastercard Foundation Scholars Program, programme destiné à permettre à de jeunes étudiants africains brillants de poursuivre une formation de haut niveau à Sciences Po.
Pour celle qui vient de la démographie, le déplacement intellectuel est considérable sans constituer une rupture. Ses intérêts de recherche se développent ainsi à la rencontre de plusieurs champs : sociologie de la santé, migrations et genre.
Nairobi, regarder l’Afrique à travers ceux qui partent
La question migratoire la conduit jusqu’à Nairobi, au Kenya.
Elle y présente une réflexion consacrée à la fuite des cerveaux en Afrique : le départ vers l’étranger de professionnels et de diplômés dont les compétences ont souvent été acquises, au moins en partie, sur le continent.
Le sujet possède pour une étudiante africaine en mobilité internationale une résonance particulière.
Comment penser le départ d’un médecin, d’un chercheur ou d’un ingénieur africain vers l’Europe ou l’Amérique du Nord ? Que perd un pays lorsque ses diplômés les plus qualifiés construisent leur carrière ailleurs ?
Et comment dépasser une lecture du phénomène limitée au seul retour physique, lorsque les diasporas peuvent aussi faire circuler connaissances, réseaux, capitaux ou projets ?
À Nairobi, Tinny travaille ainsi sur les conséquences de ces mobilités pour le développement africain, mais aussi sur les moyens de favoriser la rétention, le retour et la mobilisation des compétences.
En 2025, Nairobi accueille également le Baobab Summit, rendez-vous réunissant des membres de la communauté du Mastercard Foundation Scholars Program venus de différents pays.
Tinny Prisca Aza figure parmi les Scholars de Sciences Po présents dans cette communauté internationale.
De Cotonou à Paris, l’engagement en partage
Les sujets qu’elle étudie à l’université trouvent aussi un prolongement en dehors des amphithéâtres.
Au Bénin, Tinny s’investit notamment au sein du Rotaract Club Cotonou Rive Gauche Cica, où elle prend part à des actions de sensibilisation ainsi qu’à des initiatives sociales et sanitaires à destination des communautés.
Depuis son arrivée en France, son parcours l’amène également au contact de lieux où se discutent les politiques de développement du continent.
Elle participe notamment, avec d’autres Boursiers de Sciences Po, au Forum économique international sur l’Afrique, organisé au siège de l’OCDE, autour des enjeux d’investissement et d’infrastructures en Afrique.