La Bourse Eiffel est la bourse d’excellence phare du Gouvernement français, financée depuis 1999 par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et gérée par l’agence Campus France à Paris.
La Bourse Eiffel finance des études de master, de diplôme d’ingénieur ou de doctorat en France, avec une allocation mensuelle de 1 200 € en master et en cycle ingénieur ou de 2 000 € en doctorat.
Sa particularité, c’est qu’un étudiant ne peut candidater lui-même, directement. Seul un établissement français d’enseignement supérieur peut soumettre le dossier du candidat choisi. L’étudiant, lui, ne peut faire soumettre son dossier que par un seul établissement.
Cela semble difficile, mais je sais d’expérience qu’obtenir la Bourse Eiffel n’est pas si compliqué quand on candidate avec intelligence et scrupule. Cette page rassemble justement tout ce qu’il faut savoir pour construire une très bonne candidature à la Bourse Eiffel.
Nous vous guiderons à chaque étape, du premier courriel envoyé à un responsable de formation jusqu’à l’arrivée en France, de sorte qu’à la fin, vous ayez toutes les ressources nécessaires et les astuces de lauréats pour candidater à la bourse Eiffel, et la décrocher.
L’essentiel sur la Bourse Eiffel en un coup d’œil
| Intitulé officiel | Programme de bourses France Excellence Eiffel |
| Financeur | MEAE, mise en œuvre par Campus France |
| Niveaux | Master (M1, M2), diplôme d’ingénieur, doctorat |
| Qui dépose le dossier | L’établissement français, jamais l’étudiant |
| Allocation master et cycle ingénieur | 1 200 € par mois |
| Allocation doctorat | 2 000 € par mois |
| Durée master | 12 mois, 24 mois ou 36 mois, selon le niveau |
| Durée doctorat | 12 mois, 18 mois ou 36 mois, selon le niveau |
| Âge maximum | 29 ans en master et cycle ingénieur, 35 ans en doctorat |
| Nationalité | Étrangère uniquement, binationaux exclus |
| Résidence | Master inéligible si en France, doctorat non prioritaire |
| Domaines | Biologie et santé ; Transition écologique ; Mathématiques et numérique ; Sciences de l’ingénieur et de l’ingénierie ; Histoire, langue et civilisation françaises ; Droit et science politique ; Économie gestion. |
| Ouverture de la campagne | Début octobre |
| Date limite | Varie selon l’établissement, mais va de novembre à décembre |
| Résultats | Début avril, par mail |
Qu’est-ce que la bourse Eiffel exactement ?
Créé en 1999, le programme de Bourse Eiffel veut former en France les étudiants étrangers les plus prometteurs, lesquels seront les futurs décideurs des secteurs public et privé.
Si le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères finance le programme, c’est Campus France qui reçoit les dossiers présélectionnés par les établissements, organise le jury et accompagne les lauréats pendant tout leur séjour.
La Bourse Eiffel comporte deux volets, master et doctorat, dont les règles diffèrent sensiblement. Autrement dit, le master et le cycle ingénieur a un même processus de candidature. Mais pour le doctorat, le processus est différent.
Devenir Boursier du Gouvernement Français (BGF), dispense de certains frais dans la procédure consulaire et constitue, sur un curriculum vitae, une distinction que l’on garde à vie. C’est aussi un motif de réseautage puissant.
La Bourse Eiffel n’est pas cumulable avec une autre bourse du gouvernement français, ni avec une bourse Erasmus +, ni avec une bourse de l’Agence universitaire de la Francophonie. Un lauréat placé dans cette situation doit renoncer à l’une des deux.
Les avantages de la Bourse Eiffel
Depuis janvier 2026, l’allocation mensuelle de la Bourse Eiffel s’élève à 1 200 € pour le master et le cycle ingénieur, et à 2 000 € pour le volet doctorat. À cette allocation s’ajoute la prise en charge directe de plusieurs prestations, outre la gratuité du visa :
- Transport international à l’aller et au retour (billets d’avion) ;
- Transport national jusqu’à la ville d’affectation (billets de train depuis Paris) ;
- Aide à la recherche de logement (le loyer reste à la charge du lauréat) ;
- Activités culturelles à tarif préférentiel ;
- Exonération des frais de la CVEC ;
- De repas à 1 € dans les restaurants universitaires ;
- Assurance maladie complète…
À propos de la couverture santé : l’affiliation à la Sécurité sociale française est obligatoire et gratuite pour tout étudiant inscrit dans un établissement français. Campus France souscrit ensuite une complémentaire santé sans frais supplémentaires pour le boursier.
Sur le billet d’avion
Le lauréat peut se faire rembourser, à hauteur de 50 %, les frais d’achat de son billet d’avion, s’il l’a acheté lui-même. Mais pour cela, le billet doit avoir été acheté dans la classe la plus économique de la compagnie.
Sur les frais de formation
Les Boursiers du gouvernement français bénéficient de l’exonération des droits d’inscription dans les établissements publics relevant du ministère chargé de l’enseignement supérieur, en application de l’article R719-49 du code de l’éducation.
En dehors de ce cadre, notamment dans le privé, les frais de formation restent à votre charge. Toutefois, en raison de votre statut de Boursier Eiffel, les établissements sont invités à consentir à un effort financier pour largement vous exonérer de ces frais.
Concrètement, si vous êtes sélectionné dans une université comme Bourgogne Europe, vous ne payerez rien. Parce qu’il s’agit d’une université publique. Mais à Sciences Po Paris, vous pourriez payer des frais de formation.
Les sept domaines d’études éligibles à la Bourse Eiffel
Pour la Bourse Eiffel, deux champs disciplinaires couvrent sept domaines. Ils sont identiques pour le master et le cycle ingénieur, et plus larges pour le doctorat, qui couvrent tous les domaines scientifiques.
En sciences et techniques, les domaines couverts sont : biologie et santé ; transition écologique ; mathématiques et numérique ; sciences de l’ingénieur et de l’ingénierie.
En sciences humaines et sociales, les domaines couverts sont : histoire, langue et civilisation françaises ; droit et science politique ; économie gestion.
Il importe de préciser qu’il s’agit de domaines. Chaque domaine est constitué de nombreuses spécialités et formations. La question à se poser est donc de savoir dans lequel de ces sept domaines votre mon projet s’inscrit-il le plus naturellement ? ».
Tableau récapitulatif des domaines éligibles à la bourse Eiffel et de quelques formations y afférentes.
| Domaine officiel | Exemples de masters (non exhaustifs) |
| Biologie et santé | Biologie-santé ; Santé publique ; Sciences du médicament et des produits de santé ; Bio-informatique ; Neurosciences ; Immunologie ; Microbiologie ; Biotechnologies ; Nutrition et sciences des aliments ; Ingénierie de la santé, etc. |
| Transition écologique | Biodiversité, écologie et évolution ; Sciences de l’eau ; Sciences de l’océan, de l’atmosphère et du climat ; Gestion de l’environnement ; Risques et environnement ; Énergie ; Agrosciences, environnement, territoires, paysage, forêt ; Géographie, aménagement, environnement et développement ; Ville et environnements urbains ; Toxicologie et éco-toxicologie |
| Mathématiques et numérique | Mathématiques et applications ; Mathématiques appliquées, statistique ; Informatique ; Réseaux et télécommunication ; Calcul haute performance, simulation ; Méthodes informatiques appliquées à la gestion des entreprises (MIAGE) ; Mathématiques et informatique appliquées aux SHS (MIASHS) ; Traitement du signal et des images ; Traitement automatique des langues ; Humanités numériques, etc. |
| Sciences de l’ingénieur et de l’ingénierie | Génie civil ; Mécanique ; Génie mécanique ; Électronique, énergie électrique, automatique ; Automatique, robotique ; Aéronautique et espace ; Génie des procédés et des bio-procédés ; Sciences et génie des matériaux ; Énergétique, thermique ; Génie industriel, etc. |
| Histoire, langue et civilisation françaises | Histoire ; Histoire, civilisations, patrimoine ; Mondes modernes ; Mondes contemporains ; Histoire de l’art ; Lettres ; Lettres et humanités ; Littérature générale et comparée ; Français langue étrangère ; Sciences du langage ; Philosophie et sociologie, etc. |
| Droit et science politique | Droit public ; Droit privé ; Droit des affaires ; Droit international ; Droit européen ; Droit du numérique ; Droit de l’environnement et de l’urbanisme ; Droit social · Science politique ; Administration publique, etc. |
| Économie gestion | Économie ; Économie appliquée ; Économie du développement ; Économétrie, statistiques ; Monnaie, banque, finance, assurance ; Comptabilité – contrôle – audit ; Finance ; Management ; Management et commerce international ; Gestion des ressources humaines, etc. |
La durée de la Bourse Eiffel
La bourse Eiffel est attribuée pour 36 mois au plus pour la préparation d’un diplôme d’ingénieur, pour 24 mois au plus en cas d’inscription en M1 et pour 12 mois au plus en cas d’inscription en M2.
Il est possible de candidater pour une 2e année ou une 3e année du cycle ingénieur. Dans ce cas, seules les années effectivement faites seront financées par la Bourse Eiffel, à hauteur de 12 mois complets par année.
En cas de redoublement, la bourse s’arrête. À titre exceptionnel, et uniquement pour les bourses de 24 mois, le boursier peut utiliser son année de césure pour refaire, par ses propres moyens, l’année redoublée. La bourse reprend alors en cas de succès.
En doctorat, la Bourse Eiffel est de 36 mois, mais uniquement pour les primo-arrivants inscrits en première année de thèse, c’est-à-dire aux étudiants qui ne sont pas en cours d’études en France et qui n’y ont aucune inscription en cours.
Cette bourse de 36 mois ne peut donner lieu à la signature d’une cotutelle. La codirection n’y est pas obligatoire.
Les bourses de 12 ou 18 mois s’adressent à tous les autres profils, en particulier aux doctorants déjà engagés dans une codirection ou une cotutelle :
- 18 mois au plus pour une inscription en première ou deuxième année ;
- 12 mois au plus pour une inscription en deuxième ou troisième année.
Ces séjours peuvent être fractionnés, à condition qu’aucune période en France ne dure moins de six mois et que l’ensemble ne s’étende pas au-delà de trois ans.
Pour tous les niveaux, le séjour doit commencer entre le 1ᵉʳ septembre et le 30 novembre de l’année d’attribution. Aucun report n’est possible.
Une formation linguistique préalable peut être financée pendant un mois au maximum, à compter du mois d’août, à condition d’avoir été mentionnée dans le dossier de candidature.
Qui peut candidater à la Bourse Eiffel ?
La Bourse Eiffel est réservée aux candidats de nationalité étrangère uniquement. Les binationaux dont l’une des nationalités est française ne sont pas éligibles. En ce qui concerne les formations, seules celles accréditées par l’État français sont éligibles.
Sont donc exclues les formations françaises délocalisées à l’étranger, les formations à distance, et toutes celles suivies dans le cadre d’un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation.
Les mastères spécialisés, qui ne confèrent pas le grade de master, n’entrent pas non plus dans le champ du programme. Pour les Master of Science, seuls ceux labellisés par la Conférence des grandes écoles sont éligibles.
Pour être éligible à la Bourse Eiffel en master et en cycle d’ingénieur, il ne faut pas avoir plus de 29 ans au moment de la sélection. Il ne faut pas non plus être en cours d’études en France ou être titulaire d’un diplôme de l’enseignement supérieur français.
Pour le doctorat, il faut être âgé de 35 ans au plus. Toutefois, être déjà en cours d’études en France ou diplômé d’un diplôme de l’enseignement supérieur français n’est pas éliminatoire. Concrètement, vous pouvez candidater en thèse avec un Master obtenu en France.
Cependant, pour les candidats déjà en France, la Bourse Eiffel n’est attribuée que pour 18 mois au plus, pour le volet doctorat. Si vous tenez à un financement complet, autant penser aux autres dispositifs disponibles en France.
À ces critères d’éligibilité s’ajoutent d’autres principe qui comptent pour la candidature.
La règle du dossier unique
Un candidat présenté par plus d’un établissement voit sa candidature rejetée. Cette règle est la source du plus grand nombre d’échecs évitables, parce qu’elle se combine à une pratique devenue courante.
En effet, de plus en plus d’universités ouvrent des plateformes de présélection sur lesquelles les étudiants déposent leur dossier directement. Or, toutes n’informent pas les candidats non retenus. Sonder plusieurs établissements est non seulement permis et recommandé.
Mais déposer un dossier complet sur deux plateformes de présélection est risqué. Assurez-vous d’avoir un retour des universités auprès desquelles vous avez « précandidaté », afin d’avoir la possibilité, en cas de plusieurs présélections, de faire un choix définitif.
Le principe du refus antérieur
La candidature d’un étudiant dont le dossier n’a pas été retenu lors d’une sélection précédente n’est pas recevable pour le même niveau, même si elle est présentée par un autre établissement ou dans un autre domaine d’études.
Autrement dit, si un établissement vous a présélectionné et a déposé votre dossier auprès de Campus France pour un master, et que la commission l’a écarté, la porte du volet master se referme définitivement.
Cette clause ne s’applique qu’aux dossiers déposés auprès de Campus France. Si aucun établissement n’a accepté de vous soutenir, ou si vos mails sont restés sans réponse, vous pouvez retenter votre chance l’année suivante.
Aussi, un candidat refusé en master ou cycle ingénieur, ou même un ancien lauréat Eiffel de niveau master, peut être présenté plus tard pour une bourse de doctorat, à l’exception de la bourse de 36 mois.
Enfin, les étudiants qui bénéficient déjà d’une autre bourse du gouvernement français au moment du dépôt ne sont pas éligibles au volet doctorat, y compris lorsque cette bourse ne couvre que la protection sociale.
Le calendrier de la Bourse Eiffel
Il existe deux échéances pour la Bourse Eiffel : une date unique pour les établissements et une date variable pour les candidats. Celle-ci arrive plus tôt et dépend des modalités de chaque établissement, qui doivent faire des présélections avant transmission à Campus France.
La fourchette utile va donc de la fin octobre à fin décembre, parfois fin novembre.
En 2026 par exemple, l’Université Paris-Saclay a fixé sa limite au 9 novembre 2025, Toulouse School of Management au 17 novembre, la Sorbonne Nouvelle au 1ᵉʳ novembre, Sorbonne Université au 24 novembre pour le doctorat et au 28 novembre pour le master.
Le rythme d’une campagne se lit ainsi. L’appel à candidatures s’ouvre au début du mois d’octobre. Les établissements reçoivent les demandes d’étudiants entre octobre et novembre, chacun selon son propre calendrier.
Ils opèrent leur présélection en novembre et décembre, puis transmettent les dossiers retenus à Campus France début janvier. Le jury délibère entre février et mars. Les résultats sont annoncés par courriel à partir de début avril, aux lauréats et aux établissements.
Les candidats placés sur liste complémentaire peuvent être appelés jusqu’en juin ou juillet, à mesure que des lauréats se désistent. Il faut donc compter environ un an entre le début des recherches et la rentrée universitaire.
Comment se passe la sélection à la Bourse Eiffel ?
La sélection à la Bourse France Excellence Eiffel se joue en deux temps.
L’établissement présélectionne d’abord parmi ses propres candidats. C’est à ce stade que se joue l’essentiel de la concurrence, et c’est pourquoi le choix de l’établissement compte autant que la qualité du dossier.
Vient ensuite le jury national. La commission réunit sept collèges d’experts, un par domaine d’études, composés d’enseignants-chercheurs. Les membres du volet doctorat sont titulaires d’une habilitation à diriger des recherches.
Le jury note sur 40 points : l’excellence du candidat sur 30, l’internationalisation de l’établissement d’accueil sur 10. Connaître cette répartition change la manière de construire un dossier.
Volet master
Qualité du cursus (18 points) : valorise un curriculum vitae clair, les notes, mentions, prix et rang officiels, l’ouverture du candidat : activités culturelles, engagement associatif, stages en entreprise, tout ce qui atteste d’une personnalité dynamique.
Cohérence du parcours (5 points) : permet d’évaluer le caractère logique des études poursuivies au regard de l’objectif annoncé, et sanctionne un retard manifeste et non justifié dans le cursus.
Projet personnel et professionnel (4 points) : permet d’évaluer la motivation pour une formation en France et les objectifs de carrière.
Résidence au moment du recrutement (3 points) : Priorité aux candidats recrutés hors France. Vous pouvez candidater même si vous n’êtes pas dans votre pays d’origine.
Volet doctorat
Qualité du cursus (14 points) : avec la même exigence documentaire, augmentée des expériences et stages en recherche menés avant le doctorat.
Projet de recherche doctorale (8 points) : Présentation du sujet, originalité, caractère novateur, verrou scientifique, adéquation au parcours et au projet professionnel. Les autres points sont les mêmes que pour le niveau master.
Les 10 points de l’établissement, identiques dans les deux volets, se répartissent entre : quatre points pour ses critères stratégiques d’internationalisation et six points pour sa politique d’accueil spécifique du boursier Eiffel.
Simulation d’une candidature réussie à la Bourse Eiffel
À la rentrée 2025, le ministère a attribué 433 bourses Eiffel, dont 370 au niveau master et 63 au niveau doctorat, à des étudiants de 81 nationalités. Les sessions précédentes se situaient dans le même ordre de grandeur, autour de 390 à 430 lauréats.
Mais avant, ce sont des milliers de candidatures qui ont été reçues par les universités, lesquelles ont présélectionné quelques 1500 étudiants. Le taux de sélectivité est donc très mince et rend plus importante la nécessité de composer un très bon dossier.
Pour vous y aider, voici une simulation pour une candidature à la Bourse Eiffel, basée sur nos expériences d’anciens lauréats et de mentor pour d’autres candidats dont les dossiers ont passé chaque étape avec succès.
Étape 1 : choisir sa formation pour la Bourse Eiffel
Le raisonnement commence par la formation, jamais par l’établissement. Identifiez le master, le cycle ingénieur ou le doctorat qui prolonge logiquement votre parcours ou l’enrichit.
Cherchez ensuite l’établissement qui le dispense. Une requête comme « master droit du numérique France » suffit à dresser une première liste. Lisez ensuite les fiches de formation avec attention.
Elles indiquent les attendus, les débouchés, les laboratoires et partenariats associés, le caractère obligatoire ou non des stages, la langue d’enseignement. Ces informations remplissent deux fonctions.
Elles vous permettent de juger si la formation vous correspond, et elles vous fournissent le vocabulaire précis que vous réemploierez dans votre curriculum vitae et votre projet professionnel. Un dossier qui reprend les termes de la maquette est plus apprécié.
Si le master que vous visez est fortement orienté vers la recherche et que vous annoncez vouloir entrer immédiatement dans le monde du travail, l’établissement préférera un candidat dont les appétences correspondent mieux au parcours. L’inverse est vrai aussi.
Puisque dix points dépendent de l’établissement, autant les regarder avant de choisir. Privilégiez ceux qui sont rattachés à la plateforme Études en France, labellisés Bienvenue en France, membres du Forum Campus France et dotés d’une page France Alumni.
Vérifiez ensuite ce qu’ils annoncent en matière d’accueil : exonération ou prise en charge des frais de formation, réservation de logement, tutorat, suivi de l’insertion professionnelle.
Ces informations se trouvent en général sur la page « International » ou « Venir à… » des sites universitaires, parfois dans le pied de page.
Une université qui a déjà eu des lauréats connaît la procédure, sait constituer un dossier convaincant et dispose souvent d’un référent Eiffel identifié. C’est une donnée qui peut être utile pour votre candidature. Faites des recherches en ce sens.
Étape 2 : obtenir le soutien d’un établissement
Cette étape est la véritable difficulté du programme et tient en deux possibilités.
Le choix des responsables de formation
Dès début septembre, écrivez aux responsables de formation. Ce sont eux qui évaluent votre candidature et vous présélectionnent. Vous pouvez leur adresser un mail, avec en copie le service des relations internationales, qui connaît mieux les modalités de la Bourse Eiffel.
Ce courriel doit être court et immédiatement lisible.
Présentez-vous en quelques lignes : formation suivie, moyenne, rang, établissement d’origine. Annoncez clairement l’objet, à savoir une candidature à la bourse Eiffel dans le cadre de cette formation précise.
Expliquez en deux ou trois phrases pourquoi vous avez choisi cette formation et pas une autre. Joignez un curriculum vitae à jour et vos derniers relevés de notes, idéalement réunis en un seul fichier.
Comptez une quinzaine de jours pour obtenir une réponse.
Si plusieurs responsables se montrent favorables, il vous revient de trancher, en pesant l’intérêt de la formation, la réputation de l’établissement, l’ouverture vers le doctorat, le coût de la vie dans la ville concernée. Réponses négatives ou absentes ? Élargissez la liste.
Un point de méthode : n’envoyez jamais l’intégralité de votre dossier à un établissement qui ne vous a pas clairement signifié qu’il pouvait porter votre candidature. Les pièces complémentaires viennent après l’accord de principe.
Le choix des établissements à plateforme
Certains établissements, parmi lesquels Bordeaux, Paris-Saclay ou l’université de Tours, ont mis en place des plateformes sur lesquelles les candidats déposent directement l’ensemble de leur dossier, sans passer par un responsable de formation.
Une commission interne opère ensuite la présélection.
Le procédé a le défaut majeur que les candidats ne sont pas toujours informés de l’issue de cette première sélection, ce qui les laisse dans l’incertitude au moment même où ils devraient décider s’ils tentent leur chance ailleurs.
Réservez donc ce mode de candidature aux cas où il s’impose, parce que la formation qui vous intéresse n’est dispensée que là, ou parce que les autres pistes ont échoué.
Et dans tous les cas, contactez en parallèle le responsable de formation ou le service des relations internationales pour obtenir une réponse claire sur votre situation.
La voie des partenariats
De nombreuses universités africaines, asiatiques ou américaines entretiennent des accords avec des établissements français. Cela offre une certaine souplesse dans la candidature pour les étudiants. Renseignez-vous auprès de votre université d’origine.
Si un tel partenariat existe dans votre filière, demandez à vos enseignants de vous mettre en relation avec leurs homologues français. Au Bénin, par exemple, l’ENEAM entretient un partenariat avec Rennes 1 pour la filière MIAGE, cela évite une longue prospection.
Le partenariat ne garantit certes pas la bourse, mais il fait franchir la première marche.
Faut-il faire la procédure Études en France en parallèle ?
La procédure classique Campus France n’est pas obligatoire pour candidater à la bourse Eiffel. Plusieurs établissements l’exigent néanmoins, afin de pouvoir inscrire les candidats qu’ils auront retenus, boursiers ou non. La mener en parallèle présente deux avantages.
Elle vous ouvre l’accès à d’autres bourses d’excellence attribuées par les universités elles-mêmes, et elle vous garantit une solution de repli. Lorsqu’un établissement soutient votre candidature Eiffel sans que le jury la retienne, vous pouvez solliciter une lettre d’admission.
Celle-ci vous permettra de poursuivre la procédure classique via l’onglet « Je suis accepté ». Beaucoup de candidats non sélectionnés partent ainsi étudier en France l’année même de leur échec à la bourse.
Étape 3 : constituer le dossier
Il faut distinguer deux listes de pièces. La première est celle que Campus France exige de l’établissement au moment du dépôt. La seconde est celle que l’établissement vous demande pour sa propre présélection, et qui varie d’une université à l’autre.
Les pièces obligatoires du dossier Campus France, volet master
- La photocopie d’une pièce d’identité (passeport ou carte d’identité) ;
- Le curriculum vitae, en français ou en anglais, sur une ou deux pages ;
- Les diplômes et le classement (attestation de rang) ;
- Le certificat ou diplôme de langue (si c’est demandé) ;
- Les relevés de notes des trois dernières années ;
- Le projet professionnel (en français ou en anglais), sur une ou deux pages ;
- La maquette de la formation visée (fournie par l’établissement) ;
- La convention de bidiplomation ou l’accréditation du MSc (selon les cas).
Les pièces obligatoires du dossier Campus France, volet doctorat
Aux pièces communes, à savoir pièce d’identité, curriculum vitae, diplômes et classement, certificat de langue, relevés de notes des trois dernières années et projet professionnel, s’ajoutent quatre documents décisifs :
- Une présentation du projet de thèse, en français ou en anglais, sur cinq pages au maximum, exposant le sujet, les objectifs, les hypothèses de recherche, le caractère novateur et l’impact attendu ;
- Un avis d’expert argumenté sur la qualité scientifique du sujet. L’expert doit être professeur des universités, directeur de recherche ou titulaire d’une habilitation à diriger des recherches, être extérieur à l’établissement qui dépose la candidature, relever de la même section CNU ou du domaine de recherche concerné, et n’avoir ni travaux ni publications en commun avec le directeur de thèse pressenti ;
- Le curriculum vitae de cet expert, sur deux pages au maximum, au-delà desquelles le document n’est pas pris en compte ;
- Le plan de financement global de la thèse, et la convention de cotutelle ou l’attestation de codirection signée par les parties française et étrangère, incluant le calendrier d’alternance des séjours pour les bourses de 12 et 18 mois.
Les autres pièces de la Bourse Eiffel
Les lettres de recommandation restent indispensables, surtout au stade de la présélection universitaire. Sollicitez-les auprès de personnes qui vous connaissent réellement et dont le domaine se rapproche de la formation visée.
Une lettre générique, qui mentionne le domaine sans nommer l’établissement, a l’avantage de pouvoir servir plusieurs fois.
L’attestation de rang ou « classement » impose la certification de l’établissement d’origine. Un procès-verbal officiel portant votre nom et votre place fait donc l’affaire lorsque votre scolarité ne délivre pas d’attestation formelle.
Ne pas en fournir n’est pas éliminatoire, mais prive votre dossier d’un argument que le jury valorise dans les 18 points consacrés à la qualité du cursus.
Les relevés demandés couvrent les trois dernières années. Classez-les du plus récent au plus ancien. Votre dernière année pèse le plus lourd : pour une candidature en M1, c’est la moyenne de L3 qui sera lue en premier.
Le niveau de langue
Les établissements qui présélectionnent des candidats non francophones doivent s’assurer que leur niveau linguistique correspond aux exigences de la formation. Concrètement :
- un certificat de français est attendu si vous venez d’un pays non francophone et postulez à une formation en français ;
- un certificat d’anglais l’est si la formation se déroule en anglais, quelle que soit votre origine linguistique.
Un candidat francophone qui vise une formation en français n’a rien à fournir. Les établissements recommandent en général un niveau B2 ou C1 pour suivre un cursus en français.
Le projet professionnel
Sur 40 points, le projet professionnel n’en vaut que 4 en master et 3 en doctorat. Mais à ce niveau de sélection, les dossiers se tiennent en un point ou deux, et le projet professionnel est la seule pièce que vous écrivez entièrement.
C’est aussi la seule pièce où le jury entend votre voix plutôt que celle de votre scolarité. Elle mérite donc d’être très bien pensée et élaborée. Des étudiants à 16 ou 17 de moyenne échouent chaque année parce qu’ils l’ont bâclée.
La structure du projet professionnel pour la Bourse Eiffel
Le projet professionnel tient sur une ou deux pages. Il expose votre motivation pour une formation en France et vos objectifs de carrière, qu’il s’agisse d’un emploi salarié, d’un projet entrepreneurial ou d’un passage par le doctorat.
Campus France précise qu’il peut être étayé par l’avis (une lettre de recommandation) d’une personne extérieure à l’établissement, par exemple une entreprise : peu de candidats le savent, et c’est un différenciateur réel.
La rédaction du projet professionnel pour la Bourse Eiffel
Le projet professionnel est comme une lettre de motivation plus détaillée et plus porté sur la carrière future. Pour bien la rédiger, partez d’un constat concret dans votre domaine, un problème identifié, un manque observé, dont découle votre intérêt pour la formation.
Montrez ensuite que vous en possédez déjà les prérequis, tout en établissant que ces acquis restent insuffisants pour mener à bien le projet : c’est cette insuffisance qui justifie la formation demandée.
Justifiez alors ce choix précis, en démontrant que vous connaissez l’établissement, ses laboratoires, ses partenariats, ses spécificités, et en expliquant pourquoi la France plutôt qu’ailleurs.
Établissez que vous réussirez dans ce cursus, en rappelant vos rangs, vos moyennes et vos distinctions, sans emphase. Déclinez enfin l’après-diplôme comme une feuille de route datée et située : thèse, retour au pays ou installation en France.
Les formules vagues du type « à court terme » et « à long terme » n’engagent personne et se lisent comme une absence de projet. Concluez avec la même énergie qu’à l’ouverture, en rappelant que la résolution du problème posé passe par cette formation.
Le jury doit se dire qu’en vous écartant, il passerait à côté de quelque chose.
Pour la forme, chaque affirmation doit être vérifiable. Écrire que vous réussirez dans ce master parce que vous avez été major de promotion vaut mieux que d’affirmer votre détermination.
Votre rédaction doit également être lisible : connecteurs logiques, transitions travaillées, phrases de longueur variée, une seule police, aucune faute. Faites relire par quelqu’un de fiable, sur le fond comme sur la langue.
Le projet professionnel s’adresse à un expert de votre domaine qui lira des dizaines de dossiers comparables. Si votre projet ne vous convainc pas vous-même, il ne convaincra personne.
Un exemple d’angle de projet professionnel en génie civil et environnement
Les préoccupations climatiques imposent de démocratiser le transport en commun, à la fois pour fluidifier la circulation et pour réduire les émissions. Dakar l’a fait avec son train express régional.
Une solution apparaît, mais elle en appelle une autre, moins traitée : le comportement des infrastructures ferroviaires face à des aléas climatiques qui ne disparaîtront pas. Cela mérite qu’on s’y pense, grâce à une formation rigoureuse et actuelle.
Face à la hausse des loyers dans les grandes villes, le même raisonnement conduit à interroger les modes de construction : impression 3D, habitat modulaire, logement collectif repensé.
L’enjeu consiste à articuler innovation, planification foncière et industrialisation du bâti pour concilier performance, sécurité et maîtrise des coûts. Un projet ainsi construit dit au jury où vous allez, et pourquoi la formation demandée est le chemin.
Après la sélection à la Bourse Eiffel : de la lettre d’attribution à l’arrivée en France
Les lauréats reçoivent un courriel de Campus France accompagné d’une lettre d’attribution de bourse, et disposent d’un délai de trois semaines pour accepter. Passé ce délai sans réponse, la bourse est retirée et profite à un candidat de la liste complémentaire.
Ces désistements, souvent liés à l’obtention d’une autre bourse non cumulable, expliquent que des candidats soient appelés en juin ou en juillet : une absence de réponse fin mars ne signifie pas nécessairement un échec.
La procédure préconsulaire
Elle réunit toutes les démarches antérieures à la demande de visa. Elle commence par l’obtention, auprès du responsable de formation ou du service des relations internationales, d’une lettre d’admission attestant votre inscription effective dans la formation.
Vient ensuite la plateforme Études en France. Les lauréats qui n’y ont pas encore de compte en créent un et soumettent leur dossier par l’onglet « Je suis accepté », en renseignant état civil, adresse, diplômes, expériences académiques et professionnelles, et statut de boursier.
Chaque section doit afficher « Complet » avant la soumission. En parallèle, transmettez à l’espace Campus France de votre pays la lettre d’admission reçue de l’établissement. Le dépôt papier des documents vous sera demandé ; les originaux vous sont restitués.
Le statut de boursier dispense d’entretien et de frais de dossier, et ouvre droit au remboursement de ces frais si vous aviez fait la procédure classique. Quelques jours plus tard, vous retirez votre accord préalable d’inscription, indispensable à la demande de visa.
Si vous aviez obtenu, par la procédure classique, une acceptation dans la formation pour laquelle vous êtes devenu boursier, la lettre d’admission n’est pas requise. Mais vous devrez cocher la case « boursier du gouvernement français » pour bénéficier des prestations.
Le service de la mobilité de Campus France vous contacte ensuite pour vous inviter à créer un compte sur la plateforme des boursiers, où un numéro de dossier et un gestionnaire vous sont attribués.
C’est sur cette plateforme que vous pouvez recevoir la proposition de réservation d’un logement et d’un vol, mais aussi de bien d’autres prestations. La plateforme du boursier permet ainsi un suivi total durant votre formation.
La procédure consulaire
Le séjour d’études suppose un visa long séjour valant titre de séjour, mention « Étudiant ». La demande se fait en ligne sur France-Visas et est gratuite pour les boursiers du gouvernement français.
Le dépôt papier s’effectue ensuite auprès du service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade ou du consulat, ou auprès d’un centre prestataire selon les pays, avec des frais de service dont certains boursiers sont exonérés.
Comptez jusqu’à un mois de délai, souvent moins. Une fois le visa obtenu, transmettez-en le scan à Campus France pour la mise en place du billet d’avion. C’est la dernière étape avant l’arrivée effective en France.
Vivre sa bourse : droits, obligations et pièges
Le statut de boursier du gouvernement français s’accompagne d’obligations précises, dont le non-respect peut coûter l’allocation, voire imposer un remboursement, comme l’indique le vademecum de la Bourse Eiffel.
Assiduité et résultats
La bourse est accordée pour une formation déterminée, dans son objet et sa durée. Elle suppose une participation assidue, la présentation à tous les examens et le respect de la discipline de l’établissement.
Deux documents de suivi sont à retourner chaque année, complétés et signés par l’établissement : une évaluation en fin de premier semestre et un relevé de résultats en fin d’année, remplacé par le rapport du comité de suivi individuel pour les doctorants.
Stages et mobilités
Un stage obligatoire, inscrit dans la maquette de la formation, permet de conserver la bourse, sous réserve d’avoir transmis la convention à Campus France au moins une semaine avant le début du stage.
Un stage ou un échange facultatif entraîne la suspension systématique de l’allocation pendant sa durée. Lorsque le stage ou l’échange obligatoire se déroule à l’étranger, le maintien de la bourse est plafonné à un an.
Césure
Elle est autorisée, mais interrompt la bourse et le statut de boursier. La demande doit parvenir à Campus France deux mois au moins avant le début de la période, le retour doit être annoncé deux mois à l’avance et au plus tard le 31 juillet de l’année de reprise.
Une seule année de césure est accordée, ni plus courte ni plus longue qu’un an. Si la bourse est interrompue, aucune prestation n’est maintenue : un boursier logé en résidence Campus France doit rendre son logement.
Travail salarié
Le titre de séjour étudiant vaut autorisation de travail dans la limite de 964 heures par an, soit 60 % de la durée légale du travail, un plafond ramené à 50 % pour les ressortissants algériens en vertu de l’accord bilatéral de 1968.
Ce cadre général s’applique aux boursiers Eiffel, mais la réglementation du programme y ajoute une restriction majeure : la signature d’un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation entraîne automatiquement l’arrêt de la bourse.
Abandon
Un boursier qui abandonne son année perd le bénéfice de la bourse, des prestations et du statut de boursier du gouvernement français. Le non-respect de la réglementation peut entraîner le remboursement des sommes indûment perçues.
Questions fréquentes sur la bourse Eiffel
Peut-on candidater directement auprès de Campus France ? Non. Seuls les établissements français d’enseignement supérieur et de recherche peuvent déposer un dossier. Les candidatures envoyées par les étudiants eux-mêmes ou transmises par des établissements étrangers sont déclarées inéligibles.
À combien d’universités peut-on postuler ? Vous pouvez en contacter autant que vous le souhaitez, mais une seule peut déposer votre dossier. Un candidat présenté par plus d’un établissement voit sa candidature rejetée.
Quelle est la date limite pour un étudiant ? Celle fixée par l’établissement, généralement entre la fin octobre et la fin novembre. La date de janvier annoncée par Campus France s’applique uniquement aux établissements.
Quand les résultats sont-ils annoncés ? À partir de la fin mars, par courriel, aux lauréats comme aux établissements. Les candidats de la liste complémentaire peuvent être appelés jusqu’en juin ou juillet.
Quel est le montant de la bourse Eiffel ? 1 200 € par mois en master et en cycle ingénieur, 2 000 € par mois en doctorat, montants en vigueur depuis janvier 2026, auxquels s’ajoute la prise en charge directe de plusieurs prestations.
Peut-on obtenir la bourse avec moins de 15 de moyenne ? Oui. Aucun seuil de moyenne ne figure dans la réglementation du programme. Certains établissements en fixent un pour leur présélection interne, souvent à 15/20, mais ce n’est ni général ni exigé par Campus France. Les lauréats accompagnés par LeBoursier cette année affichaient des moyennes comprises entre 13/20 et 19/20, avec un point commun bien plus net : un très bon rang dans leur promotion.
Mon établissement ne délivre pas d’attestation de rang. Est-ce éliminatoire ? Non. Tout document officiel attestant de votre classement convient, y compris un procès-verbal portant votre nom et votre place. En son absence, votre dossier reste recevable, mais il perd un argument que la grille valorise.
Je n’ai aucune expérience professionnelle. Est-ce pénalisant ? Non. De nombreux lauréats n’en ont aucune. Les activités associatives, culturelles et les stages entrent toutefois dans les 18 points consacrés à la qualité du cursus, qui récompensent explicitement l’ouverture du candidat.
Je suis déjà en France. Puis-je candidater ? Pas pour le volet master : les candidats en cours d’études en France sont inéligibles. Pour le volet doctorat, oui, mais les candidats étudiant à l’étranger sont prioritaires et la grille attribue des points à la résidence hors de France.
Je suis binational, avec la nationalité française. Suis-je éligible ? Non. Le programme est réservé aux candidats de nationalité étrangère, et les binationaux dont l’une des nationalités est française sont exclus.
Je n’ai pas été sélectionné l’an dernier. Puis-je candidater à nouveau ? Si votre dossier a été déposé auprès de Campus France et écarté, vous ne pouvez plus candidater au même niveau, même dans un autre établissement ou un autre domaine. Si aucun établissement ne vous avait soutenu, vous pouvez retenter votre chance. Un candidat refusé ou lauréat en master peut par ailleurs être présenté ultérieurement pour un doctorat, hors bourse de 36 mois.
La bourse Eiffel est-elle cumulable avec une autre bourse ? Non, ni avec une autre bourse du gouvernement français, ni avec une bourse Erasmus +, ni avec une bourse de l’Agence universitaire de la Francophonie.
Peut-on candidater dès la licence 3 ? Rien ne l’interdit, sous réserve d’obtention du diplôme. Vos chances sont toutefois plus faibles face à des candidats déjà titulaires de leur licence et dotés d’un dossier plus complet. Attendre le M1 est généralement plus avisé, sauf parcours exceptionnel.
Les mastères spécialisés et les formations en alternance sont-ils éligibles ? Non. Seules les formations accréditées par l’État et conférant le grade de master le sont. Les contrats d’apprentissage et de professionnalisation, les formations à distance et les cursus français délocalisés à l’étranger sont exclus.
Faut-il un test de langue ? Un certificat de français est attendu si vous venez d’un pays non francophone et postulez à une formation en français, un certificat d’anglais si la formation se déroule en anglais. Un candidat francophone visant une formation en français n’a rien à fournir.
Faut-il faire la procédure Études en France en parallèle ? Ce n’est pas obligatoire, mais plusieurs établissements l’exigent, et cela vous ouvre d’autres bourses ainsi qu’une solution de repli en cas de non-sélection.
Un boursier Eiffel peut-il travailler ? Oui, à titre accessoire, dans la limite de 964 heures par an, soit 60 % de la durée légale du travail, et 50 % pour les ressortissants algériens. La signature d’un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation entraîne en revanche l’arrêt automatique de la bourse.
Peut-on faire un recours en cas de refus ? Non. La commission de sélection est souveraine et ses décisions ne sont pas susceptibles de recours.
Quand faut-il commencer à préparer sa candidature ? Environ un an avant la rentrée visée. Pour une rentrée en septembre 2027, la prospection commence à l’été 2026 et les premiers courriels partent en septembre.