
Sur les réseaux sociaux, Chéridane Malenou se fait connaître sous le nom de « Tata Patrimoine Culturel ». Depuis 2023, elle y publie des contenus consacrés aux patrimoines béninois, avec l’envie de rendre accessibles des connaissances encore peu présentes en ligne. Cette activité accompagne sa formation aux métiers des musées.
En septembre 2026, elle rejoint l’Université Grenoble Alpes pour un Master Histoire de l’art, parcours Musées, expositions, patrimoines. Lauréate de la bourse Graduate School, elle intègre notamment le programme REACH, consacré à la recherche-création et aux pratiques collaboratives en arts et histoire. Elle y porte un projet sur les maisons-musées.
Chéridane découvre les livres de Jean Pliya dans la bibliothèque de son école. Six ans plus tard, ses premières recherches universitaires portent sur les archives de cet écrivain.
Entre-temps, une scolarité menée en tête de promotion jusqu’au baccalauréat lui a ouvert la voie des études supérieures. Bénéficiaire des bourses de la Fondation Vallet et du gouvernement béninois, elle entre à l’École du Patrimoine Africain.
Elle y obtient, en 2025, une Licence professionnelle en Gestion du patrimoine culturel, spécialité Musées, avec la mention Bien. Son mémoire est consacré à l’inventaire et à la documentation du fonds d’archives de Jean Pliya, ainsi qu’aux possibilités de le valoriser.
Ce travail accompagne le projet de création du Musée Jean Pliya dans l’ancienne résidence de campagne de l’écrivain. Chéridane y effectue ses premiers stages académiques et contribue à la rédaction du projet scientifique et culturel. Elle participe aussi à l’élaboration des discours de médiation destinés à présenter les lieux et leur histoire.
Le contact avec les archives l’amène à réfléchir avec l’équipe aux moyens de faire connaître les différentes dimensions de la vie de Jean Pliya. Elle complète cette expérience par un stage aux Archives nationales du Bénin, où elle approfondit les méthodes de traitement et de diffusion des documents. Elle souhaite pouvoir les appliquer aux projets de maisons-musées.
Son intérêt pour ces lieux prend alors une orientation de recherche précise : comprendre comment une demeure et les traces qu’elle abrite peuvent devenir un patrimoine accessible au public, tout en conservant leur histoire familiale.
Chéridane Malenou : « Faire découvrir autrement »
Avec Tata Patrimoine Culturel, Chéridane développe une autre manière de transmettre ses connaissances. Elle crée des textes et des vidéos sur les patrimoines béninois, en s’appuyant sur les possibilités de diffusion offertes par les réseaux sociaux.
Elle apprend la création vidéo en autodidacte et complète ses compétences par des formations en communication numérique et en journalisme mobile.
Les 2 et 3 août 2025, elle participe au Festival des Masques de Porto-Novo avec un projet documentaire. Chéridane rencontre les détenteurs pour recueillir leurs explications et confronter les informations dont elle dispose à leurs témoignages.
Elle enregistre les échanges pour les transcrire, tout en constituant une documentation visuelle. Elle envisage de réunir cette matière dans un petit catalogue.
« Faire découvrir autrement », écrit-elle pour décrire sa démarche. Au festival, cette intention se traduit par le temps consacré aux interlocuteurs et aux questions posées sur les masques présentés. La publication se prépare dans ces rencontres, au plus près des personnes qui détiennent les connaissances.
De l’exposition au film documentaire
Avant son départ pour Grenoble, Chéridane suit Labo Bénin, un programme de formation aux métiers de l’exposition organisé par le centre culturel La Grande Place.
Les enseignements et les visites d’institutions culturelles lui permettent d’aborder les pratiques curatoriales et la scénographie. Un module consacré au cinéma précise son intérêt pour le film comme moyen de présenter une recherche.
Elle souhaite désormais documenter les maisons-musées d’illustres en Afrique depuis 1960 et en établir une cartographie. Son projet s’intéresse aux institutions existantes comme aux initiatives en préparation.
Il prévoit de croiser les archives avec des tournages sur place et des entretiens, pour étudier l’histoire de ces demeures et leur transformation en lieux de mémoire.
À Grenoble, grâce à la Bourse, le programme REACH lui offre un cadre pour développer cette démarche au sein d’ateliers collectifs. Une résidence artistique et la conception d’une exposition en deuxième année doivent permettre aux étudiants d’expérimenter les relations entre recherche et création.
Chéridane pourra y approfondir son usage de la vidéo et le confronter à d’autres pratiques de présentation au public.
Les connaissances produites auraient également vocation à nourrir les échanges avec les héritiers et les responsables publics sur la conservation des maisons d’illustres. Elle souhaite notamment contribuer aux réflexions sur les dispositifs de reconnaissance et de protection qui pourraient accompagner ces patrimoines dans les pays africains.

