
Le patrimoine auquel s’intéresse Rose-Marie Adjakpa se transmet aussi en dansant et en jouant.
Cette Béninoise, lauréate de la bourse SMARTS-UP de l’Université Paris Cité, prépare un Master 2 Ville, Architecture et Patrimoine. Ses recherches sur les traditions culturelles béninoises accompagnent une initiative plus personnelle : un rendez-vous imaginé avec sa sœur jumelle pour faire découvrir les jeux traditionnels.
En 2022, Rose-Marie et Marie-Andréa Adjakpa décident de donner une forme particulière à leur anniversaire.
Elles créent Récréo-Time, un événement consacré aux loisirs traditionnels et au tourisme béninois. Rose-Marie étudie alors à l’École du Patrimoine Africain, tandis que sa sœur se forme à la Récréologie à l’Institut National de la Jeunesse, de l’Éducation Physique et du Sport (INJEPS).
Leur projet réunit ces deux domaines autour de jeux dont elles souhaitent encourager la pratique. Au programme de la première édition figurent notamment l’awalé et la marelle.
L’initiative connaît une deuxième édition le 7 octobre 2023, à l’espace culturel Le Centre, à Abomey-Calavi. Près d’une cinquantaine de participants s’y retrouvent pour discuter de la place des loisirs dans l’économie culturelle béninoise.
Une visite du Petit Musée de la Récade complète la journée. Les deux sœurs ont ainsi donné à leur projet une dimension collective, en réunissant de jeunes professionnels autour des possibilités de travailler dans la culture et le tourisme.
À l’École du Patrimoine Africain, où elle obtient sa Licence professionnelle en Gestion du patrimoine culturel, Rose-Marie Adjakpa consacre son mémoire à la Sauvegarde et à la valorisation de la danse bolou chez les Idaatcha.
Ce choix donne un objet précis à son intérêt pour le patrimoine immatériel : une pratique dont la connaissance repose sur celles et ceux qui la perpétuent. Son travail figure parmi les mémoires de la troisième promotion présentés dans la lettre d’information de l’établissement en 2024.
Sa formation lui apporte également des compétences en conservation du patrimoine culturel et en gestion des collections. Rose-Marie s’intéresse aux archives patrimoniales, dont la documentation permet de retrouver le contexte d’un objet ou de mieux comprendre une pratique.
En septembre 2025, Rose-Marie Adjakpa cosigne dans la revue Ziglôbitha un article consacré à l’inventaire participatif du patrimoine vivant de la commune d’Aplahoué, au Bénin. Cette publication présente les résultats d’une enquête menée en octobre 2024, à partir d’échanges avec les communautés et de l’observation de pratiques locales.
L’étude documente notamment les traditions orales et les savoir-faire artisanaux, comme le tressage des nattes. Elle examine leur transmission et envisage leur intégration dans les enseignements scolaires.
En contribuant à cette publication collective, Rose-Marie prend part à un travail de recherche qui donne aux connaissances des habitants une place dans les projets de sauvegarde du patrimoine.
La bourse SMARTS-UP lui permet de poursuivre sa formation au sein du Master Histoire, Civilisations, Patrimoine de l’Université Paris Cité.
Elle se spécialise en deuxième année dans le parcours Ville, Architecture et Patrimoine, conçu avec l’École nationale supérieure d’architecture Paris-Val de Seine. Cette formation associe l’étude des formes urbaines à la connaissance des métiers et des institutions du patrimoine.
Rose-Marie y poursuit un parcours qui fait dialoguer les collections conservées dans les musées avec les pratiques culturelles transmises au quotidien.
La restauration des objets compte parmi ses centres d’intérêt, tout comme la numérisation des fonds patrimoniaux. Elle souhaite notamment développer des échanges autour des outils qui permettent de documenter les collections et de rendre les archives accessibles, tout en continuant à travailler sur l’inventaire et la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.


