
La bourse GKS du gouvernement sud-coréen finance des études de licence, de master et de doctorat, avec une année de coréen pour préparer l’entrée dans la formation. Frais de scolarité, voyage et allocation de vie sont pris en charge.
Pour un étudiant francophone, une bonne partie du travail commence cependant bien avant le départ : trouver le cursus qui lui correspond, préparer ses documents en anglais et savoir défendre son projet à l’entretien.
Karimath et Hilnette, deux lauréates que j’ai reçues sur LeBoursier, connaissent bien ces étapes.
La première a obtenu la bourse pour un master en Computer Science and Engineering après une licence à l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest.
La seconde, formée en planification et gestion de projets, a rejoint Konkuk University pour étudier les stratégies et les affaires internationales. Elles partagent ici ce qui les a aidées à réussir.
| La bourse GKS en bref | Ce qu’elle propose |
| Nom du programme | Global Korea Scholarship, anciennement KGSP ; programme du gouvernement sud-coréen administré par le NIIED |
| Niveaux | GKS-U : premier cycle, dont bachelor et diplômes courts ; GKS-G : master, doctorat et séjours de recherche |
| Financement | Scolarité, formation en coréen, transport aérien et allocation pour les dépenses de vie |
| Logement | À payer sur l’allocation ; la résidence universitaire n’est pas automatiquement gratuite |
| Candidature | Embassy Track, par l’ambassade compétente, ou University Track, auprès d’une université participante |
Ce que finance la bourse GKS
Diverses prestations sont financées par la bourse GKS. Il s’agit notamment frais d’achat du billet d’avion en classe économique, la prise en charge des frais de scolarité et la formation linguistique, avec une participation de l’université pour certains frais.
L’allocation permet ensuite de payer le logement, les repas et les dépenses courantes. Les montants diffèrent entre le premier cycle et les études de master ou de doctorat :
| Programme et période | Allocation annuelle et équivalent mensuel |
| GKS-U : année de coréen | 13 560 000 wons, soit 1 130 000 wons par mois |
| GKS-U : cursus diplômant | 14 400 000 wons, soit 1 200 000 wons par mois |
| GKS-G : année de coréen | 14 400 000 wons, soit 1 200 000 wons par mois |
| GKS-G : master ou doctorat | 16 560 000 wons, soit 1 380 000 wons par mois |
Pour GKS-U, cette enveloppe comprend notamment le logement, l’assurance maladie et les aides d’installation. Ces postes sont donc déjà inclus dans le montant annoncé.
Hilnette avait pu vivre de sa bourse sans solliciter de nouveau sa famille après son installation. Elle avait toutefois apporté une réserve pour ses premières dépenses, le temps d’ouvrir son compte et de recevoir les versements.
Qui peut candidater à la Bourse GKS ?
Le candidat doit relever d’un pays éligible à la voie choisie et remplir les conditions de nationalité du programme.
Lui-même et ses parents doivent être de nationalité non coréenne. Les pays et les quotas sont répartis par niveau et par voie de candidature ; le programme UIC du premier cycle est, lui, ouvert aux candidats de tous les pays.
Pour GKS-U, il faut avoir moins de 25 ans, avec une naissance après le 1er mars 2002, et le diplôme permettant l’accès au cursus demandé. Le bachelor s’adresse aux titulaires du baccalauréat ou d’un diplôme court admissible. Une personne déjà titulaire d’un bachelor ne peut pas candidater à GKS-U.
Pour le master et le doctorat, la limite générale est de 40 ans. Une licence permet de candidater au master ; un master est requis pour le doctorat. Une exception pour les moins de 45 ans concerne certains enseignants universitaires de pays bénéficiaires de l’aide publique au développement.
Quelle moyenne faut-il avoir pour candidater à la Bourse GKS ?
Les résultats de l’ensemble du cycle précédent doivent remplir au moins l’un des critères suivants :
- un score d’au moins 80 sur une échelle de 100 ;
- un classement parmi les 20 % meilleurs étudiants de la promotion ;
- un GPA cumulé d’au moins 2,64/4,0, 2,80/4,3, 2,91/4,5 ou 3,23/5,0.
Dans une promotion de 50 étudiants, les 20 % correspondent aux dix premiers. Pour un relevé noté sur 20, la conversion doit être documentée par l’établissement : une simple règle de trois ne suffit pas à établir l’équivalence.
Karimath avait obtenu environ 16/20 en licence, Hilnette 14/20. Pour présenter ses résultats au format demandé, Karimath s’est adressée à son université, qui lui a fourni le document en anglais. Hilnette avait utilisé Scholaro, puis fait vérifier et authentifier la conversion par son établissement.
Peut-on candidater avant d’avoir son diplôme ?
Une attestation de diplôme à venir permet de déposer une candidature lorsque la fin des études intervient avant la date fixée par le programme.
Pour GKS-U, le diplôme et le relevé final doivent être fournis au plus tard le 31 décembre. Pour GKS-G, la date de fin d’études retenue était le 31 juillet.
Embassy Track ou University Track pour la Bourse GKS ?
La voie ambassade
L’Embassy Track commence par une sélection organisée par l’ambassade de Corée compétente pour le pays du candidat. Les dossiers retenus passent ensuite devant le NIIED, puis devant les universités pour l’admission.
Dans la voie générale, il est possible de choisir jusqu’à trois universités, dont au moins une de type B. Pour le programme régional R-GKS du premier cycle 2027, le choix porte sur deux universités de type B au maximum.
Les établissements de type B sont situés en région. Pour GKS-G 2026, le premier choix devait obligatoirement porter sur un établissement de cette catégorie.
Pour la campagne GKS-U 2027, le dossier se dépose en ligne sur Study in Korea jusqu’au 30 septembre 2026 à 18 h à Séoul, soit 11 h à Paris et 10 h à Cotonou. Les pièces originales sont ensuite transmises selon les instructions de sélection.
Les candidatures béninoises et togolaises au GKS-G 2026 relevaient de l’ambassade de Corée au Ghana. Karimath et Hilnette avaient elles aussi effectué leurs démarches auprès de cette ambassade.
Karimath s’y était rendue avec son frère pour déposer ses documents ; les traductions et leur authentification lui avaient demandé davantage de temps qu’elle ne l’avait prévu.
La voie universitaire
L’University Track permet de candidater directement auprès d’une université participante, pour un seul établissement et un seul département. L’université sélectionne les dossiers qu’elle recommande au NIIED. Elle fixe sa date limite et ses modalités de dépôt.
Pour GKS-U 2027, un candidat écarté au premier tour de la voie ambassade peut se reporter sur la voie universitaire si son calendrier le permet. Les candidats retenus à ce premier tour, y compris sur liste de réserve, ne peuvent pas déposer une seconde candidature par cette voie.
Cette voie présente notamment des possibilités en sciences et en ingénierie, avec le programme UIC en premier cycle et des programmes de recherche au niveau graduate.
Son intérêt dépend de la formation accessible et de l’université qui la propose. La liste des pays éligibles peut différer de celle de la voie ambassade.
Choisir une université et une formation éligibles
Les fichiers « University Information », joints aux appels sur Study in Korea, recensent les établissements et les départements accessibles. Ils permettent aussi de vérifier la langue d’enseignement et les exigences propres à chaque formation.
Karimath a rencontré une difficulté très concrète à ce stade : l’intitulé qu’elle avait saisi pour sa spécialité ne correspondait pas exactement à celui utilisé par l’université.
L’établissement l’a contactée pour faire corriger son dossier. Le nom du département et celui du parcours méritent donc la même attention que le choix de l’université.
Hilnette s’était également renseignée sur les enseignants, les résidences et leur coût. Le contenu de la formation et les conditions de vie sur place comptaient dans son choix, au-delà de la réputation de l’établissement.
Les documents à réunir
Le dossier comprend les formulaires du programme, les justificatifs scolaires et les pièces permettant d’établir la nationalité du candidat et de ses parents. Pour une candidature classique à un diplôme, les éléments principaux sont les suivants :
| Document | Contenu attendu |
| Formulaire de candidature | Identité, parcours, voie choisie et formations demandées |
| Personal Statement | Parcours, motivation et expériences qui soutiennent la candidature |
| Study Plan | Préparation linguistique, projet d’études et perspectives après la formation |
| Lettre de recommandation | Une recommandation, sur le formulaire prévu, rédigée par une personne capable d’apprécier le travail du candidat |
| Diplômes et relevés | Justificatifs correspondant au niveau demandé, avec la moyenne cumulée ou les éléments de classement |
| Nationalité et filiation | Pièces du candidat et de ses parents permettant d’établir les nationalités et les liens familiaux |
| Déclarations | Consentements et déclaration personnelle de santé demandés dans les formulaires |
| Pièces complémentaires | Résultats linguistiques, prix, travaux ou autres justificatifs pertinents ; pièces supplémentaires exigées par la formation |
Les documents en français nécessitent une traduction certifiée en anglais ou en coréen. Pour les certificats concernés, une apostille ou une confirmation consulaire est également demandée. La traduction et l’authentification répondent à deux exigences distinctes.
Karimath avait dû faire confirmer l’authenticité de ses documents par son école avant d’achever leur certification.
Hilnette, de son côté, avait réuni des attestations de formation et d’activité pour compléter son parcours académique. Ces démarches expliquent pourquoi la préparation du dossier peut commencer avant l’ouverture des candidatures.
Personal Statement et Study Plan : quoi écrire ?
Le Personal Statement donne à comprendre le parcours qui conduit à cette candidature. Les résultats comptent, mais les expériences permettent d’en dire davantage sur le candidat.
Karimath pouvait notamment présenter ses stages en informatique, dont l’un au ministère du Numérique et de la Digitalisation du Bénin, et les relier au master qu’elle souhaitait suivre.
Le Study Plan porte davantage sur le travail à venir : la préparation en langues, les enseignements ou le sujet de recherche envisagés, puis l’utilisation de cette formation après le diplôme.
Le département choisi doit trouver sa place dans ce projet. Pour un master de recherche ou un doctorat, les travaux des enseignants et les possibilités offertes par les laboratoires donnent des éléments précis à développer.
Les deux textes gagnent à se compléter. Une expérience présentée dans le premier peut expliquer l’intérêt pour un domaine approfondi dans le second. Les ressources de candidature de LeBoursier proposent des exemples pour travailler la motivation et les recommandations.
Faut-il parler anglais ou coréen pour obtenir la bourse ?
Les certificats linguistiques renforcent le dossier, mais les exigences d’admission dépendent aussi de l’université et du département. La langue des cours figure dans les informations de formation : un programme présenté en anglais sur un site peut dispenser ses enseignements en coréen.
Karimath avait obtenu la bourse sans certification linguistique. Elle avait néanmoins travaillé son anglais et passé son entretien dans cette langue.
Hilnette avait échoué lors d’une première candidature, notamment en raison de ses difficultés à l’oral. Elle a consacré l’année suivante à améliorer son anglais et à reprendre son dossier avant d’obtenir la bourse.
La formation en coréen occupe normalement une année avant le cursus diplômant. Un TOPIK de niveau 5 ou 6 permet une dispense dans les conditions du programme.
Pour un parcours classique, un master représente ainsi généralement trois années financées, dont deux de diplôme ; le doctorat, quatre années, dont trois de diplôme. En bachelor, le cursus dure de quatre à six ans, auxquels s’ajoute l’année de langue.
Comment se déroule l’entretien ?
Karimath et Hilnette ont passé leur entretien avec l’ambassade à distance, en anglais. Toutes deux attendaient une invitation à se présenter ; le jury est entré directement dans les questions. Karimath a d’abord été interrogée sur la manière dont elle avait appris l’anglais dans un pays francophone.
Les questions ont ensuite porté sur le choix de la Corée, la formation demandée et les projets après les études. Karimath a notamment dû expliquer comment ses compétences pourraient servir dans son pays. Hilnette a relié son intérêt pour les affaires internationales à l’environnement économique coréen.
La préparation de l’oral peut partir de ces questions, avec des réponses appuyées sur le dossier : pourquoi ce département, quels enseignements ou travaux intéressent le candidat, et pour quel projet professionnel ?
L’enjeu est de pouvoir développer ses choix en anglais, y compris lorsque le jury les aborde dans un ordre inattendu.